Djamila BOUBACHA

Maryam Mirzakhani

Je les entends proclamer et ressasser, de bonne ou de mauvaise foi, que l’accueil de migrants et même l’octroi de visas humanitaires comme ils disent, relèvent de la générosité, à l’exception de Trump dont la nation est pourtant le fruit de ce système et dont les appels aux intelligences étrangères fraîches est une constante, comme le sang l’est aux vampires.

Moi je dis qu’elle relève d’une pérennisation de l’injustice du monde, de ces malheureux et indignes cocotiers que l’on continue de secouer aux risque de les casser pour cueillir jusqu’à la dernière noix de coco d’arbres d’ailleurs.

On devrait certes être en droit de voyager librement, sans quoi du reste beaucoup de population n’existeraient pas puisque le berceau de l’humanité était bien quelque part, et même semble-t-il en Afrique, mais on ne peut être heureux et s’accomplir que dans sa terre natale. La générosité est dans l’aide à ce droit là, de pouvoir rendre possible que chacun puisse se lever le matin et faire quelque pas sans le regard défiant d’un autochtone, l’incomparable bonheur d’être chez soi sans passer par la détestable case de l’intégration forcée et accélérée.

Ces situations qui poussent à l’exode sont en faite une machine d’extraction de vie que la culture universelle et le bon sens devraient combattre. C’est le pire des périls humanitaire puisque chacun sait que l’arrière petit fils d’un migrant se fera rejeter du regard comme au premier jour de l’arrivée de son aïeul sauf si le niveau de développement et d’épanouissement s’élève partout pour rendre les échanges normaux, libres et naturels, ce qui est loin d’être le cas.

La planète terre est partout belle et accueillante. C’est sa nature et sa vocation. Elle n’est pas divisible ou ne sera pas.

Non à la pitié-pillage, oui au vrai bonheur de l’accomplissement de soi et des siens. Non à l'acculturation, "la modification des modèles culturels de base de deux ou plusieurs groupes d'individus, de deux ou plusieurs ethnies distinctes, résultant du contact direct et continu de leurs cultures différentes.(L')adaptation d'un individu ou d'un groupe à la culture environnante."

Peut-on enfin rappeler humblement que nombre d’entre-nous dans les premières années de l’indépendance n’ont pas songé à partir étudier ailleurs, malgré des offres attractives et des profils prestigieux, et que ceux qui sont partis dans les meilleures écoles et universités sont revenus avec empressement sans jamais le regretter malgré des difficultés qui existaient aussi dans la vie quotidienne.

On nous dit que les temps changent mais ces départs si désirés aujourd’hui ont une certaine légèreté, ne serait-ce qu’au regard de ce qui a permis de former ces nouveaux émigrés et de les rendre adultes malgré tout. Rien ne peut justifier que notre pays n’aurait pas le droit aux acteurs de son avenir, acteurs qui s’en iraient, le sourire aux lèvres et le cœur bâillonné, faire celui des autres ?

 

Le point de vue bien précoce de Dahmane El Harrachi en 1973, repris depuis par plusieurs artistes du monde entier :

 

 

   

 

Oh Emigrant

Ya rayah win msafar trouh taâya wa twali
Ch'hal nadmou laâbad el ghaflin qablak ou qabli

Oh emigrant où vas-tu? Finalement, tu dois revenir
Combien de gens ignorants ont regretté cela avant toi et moi

(x2)

Chhal cheft al bouldan laamrine wa lber al khali 

Chhal dhiyaat wqat chhal tzid mazal ou t'khali 
Ya lghayeb fi bled ennas chhal taaya ma tadjri 
Tzid waad el qoudra wala zmane wenta ma tedri

Combien de pays surpeuplés et de terres vides as-tu vu?
Combien de temps as-tu perdu?
Combien en as-tu encore à perdre?
Oh émigré dans le pays des autres
Sais-tu seulement ce qui se passe?
Le destin et le temps suivent leur cours, mais tu l'ignores 

Aalach qalbek hzine waalach hakdha ki zawali 
Matdoum achadda wila tzid taalem ou tabni 
Maydoumou layyam walay doum seghrek ou seghri 
Ya hlilou meskine li ghab saadou ki zahri

Pourquoi ton cœur est si triste?
Et pourquoi restes-tu là misérable?
Les difficultés prendront fin et tu n'as plus à apprendre ou construire quoi que ce soit
Les jours ne durent pas, tout comme ta jeunesse et la mienne
Oh pauvre garçon qui a raté sa chance tel que j'ai manqué la mienne

Ya msafer naatik oussaayti addiha el bakri 
Chouf ma yeslah bik qbal ma tbia ou ma techri 
Ya nnayem djani khabrek ma sralek ma srali 
Hakdha rad el qalb bel djbine sabhane el aali
 

Oh voyageur, je te donne un conseil à suivre tout de suite
Vois ce qui est dans ton intérêt avant que tu ne vendes ou achètes
Oh dormeur, tes nouvelles me parvenaient
Et ce qui t'est arrivé m'est arrivé
Ainsi, le cœur revient à son créateur, le plus Grand.

 

    

 

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